Amour

Les ailes de l’amour planent aussi bien sur les éléments que sur les cœurs. Nulle créature n’échappe à son pouvoir. Seul un souffle parfait accède au monde divin et éternel ce qui rend l’amour exclusif à la quasi-totalité des humains. Même les plus belles âmes succombent à ses mots doux et à ses étreintes. Le sentiment amoureux est difficile à conceptualiser, il s’oppose à la raison et se soumet volontiers à des forces non contrôlées par la volonté.

L’illusion de ce bonheur conduit parfois à la folie, la violence, le chagrin, les remords, la servitude, la mort…

Si l’on regarde l’amour, il n’aura pas les mêmes reflets à la lumière du jour ou de la nuit, ainsi, il incline vers tel ou tel goût, aptitude, personne… et influence la nature, la pensée, l’idéal, les sens, les arts…

Toutes ces subjectivités subissent évidemment des affects lunaire et solaire.

Dans un principe d’union des contraires, si la lune éclaire les ténèbres alors le soleil aveugle la lumière! Ce qui équivaut à dire que le conscient: symbole du soleil, du masculin… ignore ce qui est bien et l’inconscient, symbole de la lune, du féminin… connait ce qui est mal! Ainsi, en couple l’homme et la femme apprennent l’un de l’autre et deviennent alors complémentaire.

L’amour se positionne en fait au centre d’une conjonction ésotérique, au cœur de ce fameux double triangle qui mène à l’harmonie céleste de la « Columba Aspexit » dans la symbolique d’un acte sexuel accouplant ainsi la Trinité divine (Père, Fils, Esprit) à la Trinité humaine (Ange, Homme, Femme)  pour former l’étoile à six branches.

Ce dont l’Amour a besoin, c’est bien d’une complémentarité intelligible entre l’esprit et le corps, entre le bien et le mal, entre l’éternité et la mortalité, entre le jour et la nuit, entre le conscient et l’inconscient, entre le soleil et la lune, entre le masculin et le féminin…

Biologie de l’amour

A priori, l’amour relève du sentiment, de l’esprit… Comment comprendre rationnellement le sentiment amoureux qui est parfois totalement irraisonné, pulsionnel comme le désir, la passion… et qui transforme bien souvent la perception de l’être aimé en objet sexuel? Evidemment, tout le monde ne réagit pas de la même manière par rapport à une émotion enthousiaste, excitante… et chacun peut vivre sa sexualité hétéro-, homo-, bi-… de l’érotisme à la luxure.

Loin du romantisme, l’amour cache un déterminisme animal qui relève de l’instinct de survie inscrit dans le principe de reproduction de l’espèce. La biologie, par l’anatomie (étude des organes) et par la physiologie (principes mécaniques, physiques et biochimiques des organismes vivants), rappelle que le corps est soumis à des caractères sexuels primaires jouant un rôle certain sur le système hormonal, le cerveau et les zones érogènes influant sur le psychisme par le système nerveux. Lors d’excitation, de douleur et d’orgasme, le cerveau secrète des endorphines (hormones du plaisir) tout comme les appareils génitaux ruissellent un éjaculat hormonale féminin et/ou masculin.

Voilà donc! L’amour soumis au souffle ardent de ses démons faisant l’effet d’un miroir dans l’imaginaire érotique propre à chacun. Le plaisir sexuel recherché pour lui-même trouble tous les humains et perverti les consciences de ceux qui s’y adonnent excessivement sous l’influence négative de la séduction, l’envie, la possession, la tromperie, la délation, la destruction… et générant, la tristesse, le manque, la colère, la déception, la délation, la violence… Le rapport à l’autre et à soi-même est complexe et il joue un rôle dans l’éducation, la morale… formant ainsi tout un ensemble de règles sociales.

Encore une fois, tout dépend de la façon de regarder les étoiles! Si la luxure et l’envie sont considérés comme des péchés capitaux, il n’en est pas de même quand la recherche du plaisir sexuel un but à part entière n’est pas systématiquement perçu d’un mauvais œil. L’hédonisme et le Kâmasûtra peuvent illustrer ce propos. Cela nécessite un vrai contrôle de soi si l’on souhaite ne pas dériver sous la coupe de la chair.

De l’amour en société

Différents facteurs déterminent la relation amoureuse qui est conditionnée par les besoins du corps , de l’esprit… la rencontre de l’autre, l’appétence sexuelle, la jouissance… mais aussi la morale.

De nos jours, le mariage n’est plus un sacrement et même s’il reste un acte basé sur la volonté de former un couple, le but étant de fonder un foyer et d’élever des enfants. Il reste avant tout un contrat juridique définissant les droits et les devoirs respectifs entre époux mais aussi le régime, la légitimation de la filiation, la transmission des héritages… et implique les situations de divorce. Rien d’étonnant à ce que les unions et les séparations se fasse devant notaire comme une simple affaire civile.

Heureusement ou pas, les codes sociaux définissent les bonnes mœurs d’une société. En amour, le sexe et la morale sont intimement liés. Antan, dans la société dite « traditionnelle » où régnait le « pouvoir patriarcal », le culte de la Vierge interdisait toute sexualité prénuptiale. Assurément, la révolution contraceptive et le droit à l’avortement ont émancipé la Femme vers une sexualité plus récréative, non axée sur la procréation et en dehors de la vie conjugale. Cela s’est accompagné d’une révolution juridique en matière d’égalité au sein du couple mais aussi législative comme le droit de vote. Cette douce notion d’« amour libre » transforme encore la société mais elle n’éradique pas pour autant la misère et la répression sexuelle. Cette révolution sexuelle reste soumise au idéologies religieuses, philosophiques et politiques. Et malheureusement, le SIDA victimise non seulement le malade mais aussi l’individu qui de peur d’attraper cette maladie honteuse choisi la sécurité sexuelle dans le cadre d’un accouplement, mariage, PACS, concubinage, union libre…

Si la concorde des sentiments est de plus en plus libre, le mariage entre un homme et une femme n’étant plus la norme, cela fait apparaître de nouveaux comportements sociaux, homoparentalité, monoparentalité… Il n’en reste pas moins une population importante de célibataires endurcis, de libertins… un nombre conséquent d’individus seuls suite à un veuvage, un divorce, une séparation… une quantité de personnes ne correspondant pas aux canons de la beauté… et des myriades de désespérés subissant les lois de la raison économique. Toutes ces différences ne s’exonèrent pas de l’existence humaine dont la demande d’amour est tributaire de la vie en société et elles sont toutes soumises à des forces d’attirance d’un corps par un autre purement physique qu’il est nécessaire d’identifier sur l’échelle de graduation des trois V que sont la Vertu, la Volupté et le Vice.

Les vertus morales relatives à la religion étant, la tolérance, la charité, la chasteté et la foi. La Volupté relevant du domaine du plaisir des sens entre hédonisme et épicurisme. Le Vice s’inscrivant comme un défaut excessif que la morale religieuse ou sociale réprouve.

On ne peut vraiment devenir libre que si l’on apprends à distinguer ces trois V menant au chemin vers la Vie pour faire en sorte que le corps et nos sens trouvent la juste place qui leur revient dans l’être humain.

Face cachée

L’amour, comme idéal de loyauté et de courtoisie est sujet à des forces qui peuvent pousser à agir au mal ou avec excès. Pour lutter, il faut s’armer pour se défendre, voir se protéger. Cela implique une force de conviction, une confiance en quelque chose, en une idée… une démarche volontaire, résolue…afin de se construire, de s’élever en son for intérieur… auquel cas, la faiblesse morale mène les âmes à des situations pénibles, des lieux de souffrances, voir un séjour en damnation…

La recherche du plaisir comme moindre mal pour échapper à la condition humaine semble être une réponse, un remède au manque de sens de l’existence qui est indissociable de la conscience humaine mais refuser les plaisirs de l’amour, de la table, de l’ivresse… pour se consacrer exclusivement à la recherche de la perfection semble être un libre choix mais il n’en est rien, c’est un choix par défaut. Alors hédonisme ou ascétisme? Bien ou mal? Jour nuit?… Encore le dualisme!

L’âge de l’individu est évidemment un facteur déterminant. La pensée et la morale d’un jeune adulte, d’un adulte au mitan de sa vie et d’un adulte accompli sera différente et une hiérarchisation s’opère entre une simple malice de jeunesse et la maturité d’une perversion surtout quand l’âge venant, la nostalgie d’une jeunesse perdue… confine à l’ennui, à la routine… la moindre fantaisie étant prévue des semaines à l’avance, tout les rituels étant établis au sein de la famille.

La volupté se présente souvent comme une forme d’attirance et elle peut-être considérée comme une invitation à la transgression des dogmes religieux et sociaux. Et si la volupté peut tout aussi bien dirigé vers la satisfaction, le plaisir de l’esprit… la ligne de mire réside dans la jouissance sexuelle qui constitue, en fait, une étape préliminaire à la dépravation de la sensualité. Sous couvert de séduction, cela peut être réellement dangereux pour soi-même, sa famille et/ou pour la société car sans maîtrise de soi, à terme cela peut se transformer en vice et ainsi modifier l’esprit, le bousculer voir même l’anéantir.

En amour, pour travailler constamment sur sa pensée, ses paroles et ses comportements afin de trouver un état de liberté totale et de félicité absolue. Il est nécessaire d’identifier ce qui dérègle le plaisir des sens.

La galanterie est vue comme une démarche empressée inscrite dans un jeu d’attirance et de manipulation. Le libertinage que ce soit dans une relation passagère ou durable permet l’assouvissement de fantasmes à plusieurs et pourquoi pas dans un certain raffinement cultivé, à ne pas confondre avec la débauche ou la luxure qui est le fait d’être enclin aux plaisirs sexuels effrénée. Si les célibataires ne se posent pas la question de l’infidélité conjugale, beaucoup de souffrances vivent dans le silence des mensonges au sein des couples. La concupiscence est à la convoitise ce que la vénalité est à la prostitution, car profiter des biens matériels et des plaisirs de la chair se confond volontiers avec le fait d’avoir des relations sexuelles contre une rémunération. Enfin la perversion pénalement condamnable, l’inceste, la pédophilie, le viol

L’amour est bel et bien un combat entre l’esprit et le corps qui nécessite une conduite raisonnée que la philosophie permet d’équilibrer.

Revoir la question de la violence au nom de l’amour, exemple   j’aime mon pays et au nom de cet amour la morrt est versée… reprendre la métaphore de la fourrure du bébé phoque offerte au nom  de l’amour de sa femme alors que le sang a coulé sur la banquise… Krishnamurti, jolie découverte puisque cette réflexion (effet miroir) sur l’amour aboutie une similarité évidente.

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4 commentaires pour Amour

  1. Article intéressant sur l’amour les multiples visges qu’on lui prête. Questionnements intéressants. J’ajouterais que, de l’amour passionnel à l’amour altruiste, celui qui est détaché et vraiment gratuit (beaucoup plus rare celui-la) il y a une marge. Le premier vise à renforcir sont propre sentiment d’importance à travers le regard de l’autre et le rend aini plus conditionnel et même dépendant, tand que le deuxième ne cherche pas son propre intérêt et se fait d’une façon plus détachée. Et pour en arriver là, il faut s’aimer soi-même comme son meilleur ami. Celui qui s’aime d’un grand amour (et je ne parle pas d’un amour égoiste) et bien plus disposé à accueillir les autres et faire don de soi aux monde qui l’entoure.

    • Obi Oxoïdo dit :

      « Celui qui s’aime d’un grand amour »
      Attention à la passion, c’est trop excessif et dangereux à la fois.
      Aimer peut-être aussi une façon de jeter les amar(r)es.
      Merci, pour votre commentaire.

  2. sabnic dit :

    Vaste sujet dont on pense souvent ( à tort) avoir fait le tour , tant il est omniprésent dans nos vies …juste une petite réflexion qui me vient comme ça : c’est peut-être parce que l’on confond Amour et Passion que l’on se déchire, si vite, si souvent. On ne laisse pas le temps au premier de s’inventer, de se construire , puis de se réinventer , de se reconstruire lorsque le deuxième disparaît … en tout cas, sans amour, nous ne sommes plus rien …( je ne serais plus rien …)

    • Obi dit :

      Subjuguer à la passion, c’est confondre le paradis pour un enfer. Toutes les expériences valent la peine d’être vécues, assurément. Merci d’avoir pris le temps de me lire.

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