Philosophie

Depuis les origines du monde humain, le jour et la nuit se succèdent dans un mouvement cadencé. L’homme forgé par cette vision s’est construit une mystique basée sur cette périodicité. D’une part le jour, royaume de lumière relatif à la vie divine et de l’autre la nuit, royaume des ténèbres, lié à la mort. Ainsi, un ensemble de pensées contraires se sont imposées logiquement. La lumière symbolisant l’immortalité de l’esprit, le bien et la nuit la mortalité du corps, le mal.

Cette dualité contraint l’individu à un choix entre le bien et le mal et l’obligation pour la lumière contient l’interdiction des ténèbres.

Mais ce choix évident conduit à une double contrainte, si vous ne choisissez pas le bien, vous n’accéderez pas à la vie éternelle et si vous choisissez le bien, vous considérez votre corps comme mauvais.

Pour comprendre cette condamnation de la chair, il faut se référer à la genèse qui relate le bannissement d’Adam et Eve du jardin d’Eden parce qu’ils avaient goûter au fruit de l’arbre et de la connaissance du bien et du mal alors que l’Éternel Dieu l’interdisait formellement sous peine de devenir mortel. Dans ce texte biblique, la femme est la cause de tout les malheurs de l’existence humaine. Ève qui est os des os et chair de la chair d’Adam a succombé à la séduction du malin en goûtant au fruit interdit en premier puis en pervertissant Adam qui en mangea également. Voilà ce qu’est le péché originel qui a conduit des êtres éternels tel que Adam et Ève à la déchéance, à la condition de mortels et à l’exil de l’Éden. L’Éternel Dieu ne souhaitant pas que Adam et Ève mangent du fruit de l’arbre de vie qui leurs permettrait de devenir son égal.

Depuis la nuit des temps jusqu’à nos jours, le baptême des trois religions monothéistes reçoit les nouveaux nés dans le but de nettoyer la souillure héréditaire du péché originel qui nous a apporté la mort et tous nos malheurs.

Cette attaque en règle contre le corps conduisant à la vénération du saint-esprit tire son essence de révélations, tel que celle que Moïse a reçu dans le judaïsme, celle du Christ dans le christianisme et celle de Mahomet dans l’islam. Ces trois vérités révélées affirment et perpétuent ainsi cette lutte éternelle reposant sur la bataille entre le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, la vie et la mort, le matériel et le spirituel…

Seulement, cette conception du monde ne s’impose pas à tous. La représentation du monde chinois depuis des millénaires s’est aussi façonnée par l’alternance des jours et des nuits mais cela n’a pas donné suite à un combat perpétuel mais à une philosophie au-delà du dualisme vers un principe d’unité, de réciprocité, de complémentarité, d’union des contraires… basée sur l’harmonie et l’équilibre de l’univers que l’on appelle le Yin part féminine de la nature et le Yang part masculine de la nature. Le Yin Yang, c’est aussi, noir blanc, sombre clair, nuit jour, lune soleil, hiver été, nord sud, gauche droite, terre ciel, femme homme, vide plein, introversion extraversion, passif actif, pair impair… dans cette philosophie le corps et l’esprit n’apparaissent point comme deux mondes qui s’opposent ainsi l’un existe grâce à l’autre.

En fait, l’observation d’un même phénomène tel que la succession des jours et des nuits ne produit pas les mêmes effets sur la pensée et génère des mécanismes psychologiques qui influencent le comportement, donc la relation au monde, à soi et à autrui.

Ainsi le cadre de référence culturel français oscille entre les racines philosophiques gréco-romaine et religieuses judéo-chrétienne.

Le corps est un sujet de discussion qui soupire continuellement d’une culpabilisation et nécessite certainement une réhabilitation en harmonie avec l’esprit.

Depuis l’antiquité, notre ignorance se résume dans cette maxime de Socrate « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ».

Durant la brièveté d’une vie, nous vivons, nous pensons, nous cherchons et nous mourrons, de génération en génération sans connaître ni notre origine, ni notre destinée, ni notre raison d’être. Une existence est toujours un parcours parsemé de fatigues, de souffrances, de maladies et d’une mort certaine sur le plan physique mais c’est aussi une relation de l’homme avec Dieu sur le plan spirituel et une incapacité quasi-implacable de pouvoir accomplir le bien sans pouvoir se libérer du mal.

La philosophie, en tant qu’exercice systématique de la pensée et de la réflexion, tentent d’apporter des réponses à de grandes questions tel que: « Y-a-t-il des réalités immatérielles? », « Dieu existe-il? », L’âme est-elle immortelle? Incorporelle? », Qu’est ce que l’être? », « Pourquoi y a t-il de l’être plutôt que rien? », « Quelle est la fin des actions humaines? », « Le bien et le mal sont-ils des valeurs universelles permettant de définir cette fin? », D’où peut prévenir la légitimité du pouvoir? », « Quel est le meilleur régime politique? », « La morale peut-elle et doit-elle guider l’action politique? » Quelles sont les relations entre Droit et Justice? », « Comment naissent les normes judiciaires? », « Selon quels critères faut-il les juger? », « D’où provient la connaissance? », « Qu’est-ce que la vérité? », « Qu’est ce que le beau? », « Qu’est ce que l’art? », « Quelles sont les relations entre le corps et l’esprit ?», « Comment fonctionne la cognition? », La liberté est-elle illusoire? », L’histoire est-elle régie par des lois, une nécessité, ou est-elle le fruit absurde de la contingence? », « Quel est l’origine du langage? », « En quoi le langage se distingue-t-elle d’autres systèmes de communications? », « Quelles relations entretiennent langage et pensée? »,…

Le questionnement est la base de toute recherche de connaissance. L’objet philosophique contient l’être en nous qui en réalité nous demande la sortie. En ce qui concerne les réponses, il y a plusieurs possibilité d’accès. Les autres, la théorie, l’expérience, l’abstraction, la recherche… Les livres sont trop nombreux et passent les outrages du temps par delà les autodafés, le handicap de la langue, la censure, les informations détenus par quelques initiés et la limite de l’intelligence propre à chacun.

Les réponses sont elles des vérités? Il faut toujours en douter.

Que peut-on voir à l’intérieur de notre être et puis celui qui regarde s’oppose t-il à sa propre représentation du monde?

La rencontre, l’inconnu, l’expérience… se limitent au cadre de référence propre à chacun. D’où la nécessité d’aller au delà du champ des frontières qui ne font que repousser pour simplement reproduire un champ plus grand encore. L’éternité ne peut être que le seul remède. 

Une vue globale de l’infini se trouve dans le bouillement intérieur qui fait qu’il y a toujours un œil pour voir ou pour nous regarder.

L’étendue sans limites de la connaissance est tel que l’on en oublie, le fondamental…

« Qu’est la philosophie? ».

4 commentaires pour Philosophie

  1. gaïa dit :

    Bonjour Obi !

    Merci de m’avoir rendu visite. Vous avez là de beaux poèmes et je découvre à travers votre texte ci-dessus que l’on partage le mêmes points de vue sur certains sujets.
    Votre blog est une invitation à la promenade et je vais m’attarder souvent sur votre chemin.
    Merci et bonnes fêtes !!!

  2. Bonjour Obi
    J’aime beaucoup votre présentation qui ouvre toutes les questions fondamentales de l’existence

  3. Voda dit :

    Do you think, that it’s just possible to look inside?

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